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ADBE et les SDF de Roissy

« Je suis un corps tout entier et rien d’autre : l’âme n’est qu’un mot désignant une parcelle du corps. »

F. Nietzche (Ainsi parlait Zarathoustra)

 

Comment parler « des gens de la rue » sans parler de Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu Sociale en 1993 et démissionnaire en 2011 lorsque l’état a coupé les crédits pour les logements d’urgence.

Aujourd’hui, de nouveau présent, il est président du Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisés et du Samu Social international.

 

Les premiers temps du Samu social, quand nous n’étions que quelques volontaires, avant de partir le soir dans les rues pour la maraude, je réunissais mes camarades et leur disais :

« Nous allons rencontrer cette nuit des personnes oubliés de tous. Mais vous devez vous souvenir que quel que soit l’accueil qu’ils nous réservent, quel que soit leur aspect, ce sont des gens qui sont de même rang et de même statut que nous. Pas de même rang social évidemment, mais de même rang dans le monde et qui sont aux yeux du monde aussi important que je le suis ou que vous l’êtes. Personne n’est déchu de sa condition humaine, personne ne peut l’être. Aucune puissance, aucun événement n’a le pouvoir de nous faire déchoir. »

Xavier Emmanuelli

 

Nous avions affiché ce texte admirable, puissant et juste dans la salle de soins qui nous était réservée à la « Rose des vents », centre d’hébergement pour SDF atteint de maladies graves.

Il nous paraissait important que les patients et les soignants le lisent et le relise.

 

Nos observations des choses de la vie nous apprennent que notre premier domicile est notre corps, les « SDF » ne sont pas sans domicile fixe, ils ont un corps.

Pour vivre pleinement au quotidien, chacun de nous dispose d’un instrument et de techniques qui permettent de retrouver l’accès à l’état de santé fondamental : la paix du corps, la paix du cœur et la paix de l’esprit. Cet instrument, c’est nous-mêmes, « le corps que nous sommes », les attitudes et les gestes par lesquels chacun de nous se présente, s’exprime, se réalise… ou se manque, expliquait K.G.Dürckheim.

Sans ce corps, je ne peux pas me déplacer, je ne peux pas regarder, je ne peux pas lire ni vous écrire. Sans ce corps, je ne peux pas écouter les vibrations de l’air, les voix qui nous entourent et sentir les saveurs de la vie.

De nos cinq sens, le seul qui soit à la fois émetteur et récepteur d’informations c’est le touché. La puissance du touché reste le premier indicateur de l’existence, dès la vie fœtal ; je ne suis qu’un corps, rien qu’un corps …  

Lors d’une réunion, j’ai proposé à un groupe de « SDF » de redécouvrir leur corps grâce à des exercices de relaxation, de centration et de méditation, une femme du groupe m’a repris en me disant : « Non pas redécouvrir, mais découvrir notre corps ! ».

Trop souvent en rupture avec eux-mêmes depuis des années, ces personnes ont beaucoup à apprendre sur elles-mêmes et nous apprennent aussi énormément de choses sur la vie et nous-mêmes.

 

« Qui va à la chasse perd sa place », tous les enfants connaissent cette rengaine et la peur de ne pas avoir sa place. Ils se battent souvent pour avoir la meilleure place, la première place ou la place près de la maîtresse, de la maman ou du papa. Ils attachent une importance démesurée à la place qu’ils veulent occuper. « C’est ma place, laisse-moi ma place! » J’ai toujours été frappé par la violence que cette peur pouvait engendrer dès l’enfance. La vision de deux enfants se poussant méchamment afin d’occuper la seule chaise libre, refusant de partager le même territoire. Si je n’ai pas de place je n’existe pas, je suis différent des autres, je n’appartiens pas au groupe, je suis perdu dans le vide. « On va lui faire une petite place » dit la maitresse. Enfin, on me reconnait, on fait attention à moi, on me fait une petite place, j’existe.

Mais à qui fait-on une petite place ?

Tout d’abord à mon corps, il faut bien le mettre quelque part, et pas n’importe où, s’il vous plait. Ensuite, j’habite ce corps, mon petit moi y réside, sans lui je n’existe pas dans le monde de la matière. Donc, je suis un corps qui a besoin de prendre sa place !

Si le premier domicile fixe des sans-abris réside dans le corps, il est évidemment indispensable de leur donner une place dans la société, un emploi, une fonction, une raison de vivre.

Boris Cyrulnik, dans son livre sur le suicide des enfants « Quand un enfant se donne la mort » souligne l’importance de l’attribution à l’enfant d’une ou de plusieurs fonctions dans le groupe afin de lui offrir sa place et sa raison d’être.

Dans le centre d’hébergement de « La rose des vents » nous rencontrons aussi des enfants. Ils sont accueillis avec leurs parents, le plus souvent une mère seule avec une pathologie grave. Une vulnérabilité émotionnelle peut être acquise précocement, gravée dans le cerveau de l’enfant par la souffrance parentale, quelle qu’en soit la cause.

Boris Cyrulnik nous apprend dans son étude que dans la population en générale, en France, 60% des hommes connaîtrons une blessure agonisante et 5% en resteront marqués à vie ; 40% des femmes subiront le même sort et plus de 10% souffriront d’un syndrome psychotraumatique. Cette population de blessé de l’âme produit un taux très élevé de suicides. Le suicide d’un enfant devient un révélateur de disfonctionnements sociaux. L’épidémiologie des suicides des tout-petits (6-12 ans) commence à peine à être recueillie, depuis 2007 seulement. Mais, nous savons que la précarité sociale joue un grand rôle dans le développement douloureux des enfants et un enfant suicidé sur deux vivait dans une famille nombreuse. 

« Le mot « précarité » ne désigne plus aujourd’hui, la même manière de vivre ensemble. Quand on est précaire on est seul, dans un minuscule logement bruyant et sans confort. Sans soutien affectif on ne parle à personne. Le sens de l’existence n’est donné que par l’amertume d’un emploi jamais trouvé ou d’une aide sociale condescendante. Dans un tel contexte la niche, terriblement pauvre, ne sécurise plus les enfants. » Boris Cyrulnik   idem

Je conseille vivement la lecture de ce livre qui fut une commande du secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de la Vie associative. A travers une approche pluridisciplinaire mêlant neurobiologie, biochimie, psychologie, sociologie et autres disciplines B. Cyrulnik nous permet de comprendre que les facteurs de fragilité sont déterminés très tôt, parfois dès les dernières semaines de la grossesse.

S’il ne s’agit pas directement d’un suicide, la vie dans la rue en est souvent une forme, c’est la non vie. « C’est pas une vie » diront les passants bien intentionnés et je me révolte à l’idée que je vis dans un  pays où des travailleurs dorment le soir venu dans leur voiture parce qu’il ne trouve pas de logement, alors que les autorités se targuent d’être à la gouvernance de la cinquième puissance mondiale.

 

Parmi les questions que je posais à Michèle Bernier dans « Le secret de nos vies intérieures », le sujet de la place de l’individu dans la société la touchait beaucoup :

« Michèle Bernier : Terrible !

Seymour Brussel : … quitter la vie sociale, et se retrouver chez soi ou dans la rue avec un sentiment d’inutilité. Cela se passe souvent mal, et souvent à travers la maladie, nous voyons beaucoup de gens tomber malade…

Michèle Bernier : Tomber malade, absolument, avec des problèmes cardiaques ou d’autres maladies qui se déclenchent, effectivement, parce que tout d’un coup les gens se sentent inutile dans la société. C’est une société qui vous aime quand vous êtes productifs et qui ne vous aime pas quand vous ne l’êtes plus. »

Seymour Brussel Le secret de nos vies intérieures Dervy 2012

 

Des études scientifiques ont démontré que les sentiments négatifs comme la peur ou le désarroi modifiaient l’expression des gènes dans les cellules immunitaires. Le profil génétique qui en résulte, appelé « profil tanscriptionnel face à l’adversité » (conserved transcriptional response to adversity, CTRA), est caractérisé par une augmentation de l’expression des gènes impliqués dans la réponse inflammatoire et une diminution de l’expression des gènes jouant un rôle dans la réponse antivirale.

Il parait évident que le « profil SDF » ne favorise pas la résistance à la maladie.

Dans une nouvelle étude, les scientifiques ont pris un angle différent et ont analysé l’effet d’émotions positives sur le profil CTRA. Ils ont recruté 80 adultes : un groupe considéré comme heureux « altruistes » et un groupe considéré comme heureux « égoïste ». Ils ont analysé l’expression génomique de leurs cellules immunitaires. Les résultats démontrent que les généreux et les narcissiques possèdent des profils CTRA opposés.

En conclusion, contrairement aux émotions négatives, le bonheur charitable induit une baisse de l’expression des gènes de l’inflammation et une hausse de celle des gènes antiviraux.

Par contre, les heureux centrés sur eux-mêmes présentent un profil CTRA similaire à celui provoqué par des sentiments négatifs.

Steven Cole, le directeur de l’équipe de recherche explique que les deux types de personnes sont sur le même plan émotionnel, mais leurs profils d’expression génétique sont différents. Le génome humain serait donc plus sensible à la manière dont nous atteignons le bonheur que notre cerveau lui-même.

Voici une étude prêtant à réflexion sur le comportement quotidien de chacun.

Si la théorie de l’évolution Darwinienne attribut l’origine de l’humanité aux hasards des variations héréditaires et précise que l’on doit se battre pour survivre, elle reste vague quant aux moyens à employer pour y arriver.

 

« Ce néodarwinisme conclut grosso modo que ceux qui en ont le plus que les autres le méritent. En occident nous avons accepté que la civilisation soit caractérisée par la richesse et la pauvreté, par l’avoir et le besoin. Nous ne voulons pas composer avec le fait que tout en ce monde a un prix. Et le prix à payer, c’est malheureusement le déclin de notre planète, les nombreux sans abri et les enfants esclaves qui assemblent vos jeans dernier cri. Ce sont eux les perdants de cette lutte. »

Bruce H. Lipton Biologie des croyances Ariane 2006

Nous sommes tous perdants car tous reliés les uns aux autres… ainsi qu’à toutes les parties de l’Univers.

Deux particules en interaction se mélangent comme deux ondes pour n’en former qu’une. Si on les sépare, à n’importe quelle distance, elles restent en relation, communiquent instantanément et ne forment qu’un seul système. A l’université de Genève la théorie devient démonstration, le professeur Gisin teste avec succès ce phénomène d’ « intrication »entre deux villages suisses.

Nous ne pouvons plus prolonger le doute sur notre appartenance à une espèce dont toutes les individualités sont en interaction.

Tous les bénévoles de l’association en sont bien conscient et soulignent que « faire du bien » fait du bien.

 

Le Dr Elodie Aouchiche collabore depuis plusieurs années à notre association humanitaire ADBE et donna la chance à notre équipe de thérapeutes bénévoles d’intervenir dans le centre d’accueil pour SDF dont elle était responsable médicale pendant les années 2010-11.

 

Voici le bilan établit par ces soins après une année de travail :

 

BILAN DE LA CONVENTION ADBE/ROSE DES VENTS                     Dr AOUCHICHE

 

Après un an de fonctionnement, entre septembre 2010 et septembre 2011, voici un premier bilan de cette expérience de accès à séances gratuites de bioénergie pour les usagers hébergés à Roissy en Brie et dont le suivi médical est coordonné par mes soins sur les services Lits Halte Soins Santé (LHSS) et Appartements de Coordination Thérapeutique (ACT) de la Rose des Vents.

L’exposition du contexte social des usagers suivis, du contexte médical, va permettre de mieux appréhender celui de l’intervention des thérapeutes en bioénergie.

 

LES CHIFFRES

Sur un an, 49 patients ont pu bénéficier de séances, soit 324 séances, dispensées par une dizaine de thérapeutes.

Il s’agissait de 16 femmes, 29 hommes et 4 enfants.

L’âge moyen est dans la tranche 35/60 ans.

8 personnes ont bénéficié d’une seule séance

25 personnes ont bénéficié de 2 à 5 séances

7 personnes ont bénéficié de 5 à 10 séances

4 personnes ont bénéficié de 10 à 20 séances

5 personnes ont bénéficié de plus de 20 séances

 

POPULATION

La population prise en charge sur les services de la rose des vents est une population précaire SDF, dont le parcours de vie varie.

Nous pouvons répertorier plusieurs types de parcours, aidant à cibler le contexte dans lequel le thérapeute va intervenir.

Les motifs de rupture sociale permettent d’appréhender le contexte, car cette rupture s’intègre dans une série de ruptures, comprenant l’état de santé à la croisée des vies professionnelle, familiale et politique.

 

Origine des patients :

France : 14

Europe : 8

Afrique sub-saharienne : 16

Maghreb : 6

Autres (Haïti, Inde, Comores) : 5

 

Situation sociale : sans ressources, sans papiers

Certains usagers sans papiers sont en attente d’une régularisation

L’association est en droit de les accueillir, dans un contexte de plus en plus pessimiste quant aux réponses (droit d’asile de plus en plus difficile à obtenir, délai de réponse très long, interdiction de travailler)

Sans papiers : 14 personnes sont sans papiers, sans ressources, leur seul existence administrative passant par l’aide médicale d’état.

Les autres usagers bénéficient du RSA, (14), de l’allocation adulte handicapé (14), d’une retraite ou d’un minimum vieillesse (2), des Assedic (2), ou travaillent ( 3, à temps partiel en CDD)

 

Situation psychologique :

La mise en évidence d’une pathologie psychologique et psychiatrique avérée relève du repérage du médecin et des travailleurs sociaux.

Le lien aux soins en général étant à restaurer, l’adresse vers un psychologue ou psychiatre de l’association permettant de faire un bilan n’est pas toujours aisé

La situation d’exclusion sociale est en soi un stress, source d’inquiétude, d’anxiété voir d’angoisse, provoquant des troubles psychiques à considérer, troubles du sommeil, troubles du cours de la pensée, dépression, consommation de produits psychotrope (alcool, cannabis, médicaments) sur lesquels les séances peuvent agir.

 

Pathologie psychologique avérée : 14 patients souffrent d’une pathologie psychiatrique, dont le suivi nécessite une vigilance, étant donné la précarité sociale, ils sont majoritairement sur un versant dépressif.

Les patients étant sur LHSS restant deux à quatre mois sur le site, mais pouvant revenir, nous constatons la difficulté de suivre un soin dans un contexte d’insécurité d’hébergement.

Quasiment tous les usagers peuvent être considérés souffrant de troubles anxieux liés à leur situation sociale.

Il s’agit ensuite de déterminer la gravité des troubles psychiques (syndrome dépressif, troubles psychotiques, addictions concomitantes)

L’abord de ce type de patient, n’ayant pour la plupart pas de suivi spécialisé, ou étant en rupture avec le suivi, est donc délicat, nécessitant à la fois une prudence dans les échanges et une communication entre le thérapeute et l’équipe médicale qui suit le patient.

 

Consommation d’alcool : 15 usagers souffrent d’une consommation d’alcool, qui, si elle n’est pas niée, est rarement suivie par une thérapie appropriée (seuls 3 patients réellement suivis) et reste difficile à aborder dans le contexte de suivi médical (l’alcool étant un « auto-traitement » de l’anxiété et des troubles du sommeil, souvent nié par l’usager).

 

Troubles du sommeil : quasiment tous les usagers en souffrent, les gèrent avec l’alcool (le cannabis parfois).

 

OBJECTIFS

Cette première année a permis d’évaluer la particularité de cette proposition de séances de bioénergie à ce type de population.

Plusieurs aspects à aborder :

La présentation de la méthode, et sa perception par les usagers

Les difficultés d’intégration du projet au sein de l’équipe paramédicale et sociale des LHSS et ACT

La difficulté des usagers à honorer les rendez-vous

Les motifs des séances

Les résultats attendus et obtenus

 

La proposition des séances se fait par le médecin, soutenu par le bouche à oreille entre usagers.

L’objectif premier des séances est de permettre une détente au patient et un toucher thérapeutique sécurisant, ce qui dans le contexte de vie des personnes est une proposition conséquente.

La notion de l’impact thérapeutique du toucher est une certitude qui engage mon opinion, dont la preuve pourra passer par l’enthousiasme de certains patients, alors que d’autres n’en diront rien, peu habitués à être écoutés et à donner leur opinion, ou à écouter leur propre ressenti, relégué depuis longtemps aux oubliettes, dans un contexte de survie sociale compliqué nécessitant aussi de peser ses mots…

 

Pathologies ciblées par les séances :

Au premier plan, les tensions musculaires engendrant douleurs lombaires, fatigue et majorant l’anxiété

Les troubles du sommeil

Les douleurs articulaires

Les troubles respiratoires

Les troubles de la marche liés à la toxicité alcoolique (neuropathie par carences vitaminiques)

Les effets secondaires de chimiothérapie

Les coliques néphrétiques

 

Résultats des séances :

Le grand bienfait des séances commence par la notion d’accueil « total » du patient, c’est-à-dire de son corps avant « le reste » et dans un soin qui ne demande pas de recourir à la parole, dont j’ai pu souligner l’accès difficile pour certaines personnes.

Pour certains usagers, d’origine africaine, cette thérapie manuelle résonne comme la pratique d’une médecine magique.

Ce moment pour soi est en tout cas un moment qui sort l’usager de ses obligations habituelles vis-à-vis de l’institution et du discours « tout insertion »…tout en offrant la possibilité aux usagers d’être reconnus par les thérapeutes, d’avoir leur préférence, d’exister de manière valorisante…

Le regard des travailleurs sociaux pourrait être intéressant à ce sujet.

L’évaluation des séances doit se faire en ciblant l’anxiété, la fatigue, les troubles du sommeil, les douleurs, (questionnaire d’Hamilton à l’appui).

 

CONCLUSIONS

Sans avoir effectué d’évaluation selon les critères d’Hamilton, questionnaire trop lourd lors de mon évaluation, le retour d’un vécu positif des patients est objectivé chez la majorité.

Certaines personnes dont l’effet de séance semblait très positif, peuvent se trouver au moment de quitter la structure dans des conditions difficiles, incapables d’honorer leurs rendez-vous.

Certains résultats de séance ont été assez flagrants :

Cas d’un patient ayant des troubles de la marche sur une neuropathie alcoolique, dont les séances ont permis une reprise de la marche en lien direct avec les séances.

Cas d’une patiente s’étant sevré de traitements neuroleptiques et antalgiques dans le contexte des séances, ce qu’elle met en lien direct.

Cas d’un patient qui après quelques séances voit son traitement pour une aspergillose pulmonaire devenir efficace et sa capacité respiratoire remonter (le patient ne fait pas le lien, la concordance temporelle est frappante sur le plan médical).

Certains des patients, hébergés depuis plus de six mois, reconnaissent l’effet positif des soins sur des douleurs dites neurologiques, réapparaissant à l’arrêt des séances.

 

Du côté thérapeute :

L’expérience professionnelle et humaine est très enrichissante et tous les bénévoles font preuve de sérieux et d’assiduité. Les relations avec les résidents s’installent petit à petit dans une confiance mutuelle, l’écoute s’approfondit et les résultats le montrent. Une vie d’échanges se construit et les anecdotes ne manquent pas.

À ce titre, je retiens celle du patient ayant des troubles de la marche lié à une neuropathie alcoolique et dont l’état s’est amélioré après quelques séances au point de marché correctement sans déambulateur.

Oh miracle ! Seulement, cette amélioration lui a permis d’aller voir ses copains pour leur emprunter quelques euros et de sortir de l’établissement en direction, sans détour, du bistrot le plus proche. À son retour, marqué d’ébriété sans équivoque, la démarche fut plus incertaine, les réactions plus démonstratives, voire agressives et assourdissantes pendant quelques heures et les copains regrettèrent rapidement de lui avoir prêté de l’argent.

L’amélioration de la santé n’est pas toujours synonyme de bon sens. 



17/07/2014
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